Vers la mise en place d’une plateforme de tous les intervenants dans la fertilité des sols au Burundi

Une réunion d’échanges et de concertation entre les acteurs du domaine de la fertilité au Burundi a eu lieu au Mont Sion à Bujumbura pour plancher sur la problématique de créer ce nouvel organe consultatif.

La « dégradation des sols constitue une grande menace pour la fertilité des sols », a alerté Salvator Ndabirorere, consultant indépendant lors de son exposé sur l’état des sols au Burundi. Pour lui, la surexploitation liée à une forte poussée démographique a entraîné de nouvelles pratiques de nature à dégrader le sol. Il donne l’exemple de la dépendance de l’usage du bois comme seule source d’énergie qui va de pair avec la déforestation. Dans la région des Mirwa, note-t-il, des études de l’Isabu qui datent de 1989 montrent que 100 tonnes de terres par hectare sont emportées par des pluies chaque année. En plus de l’érosion, M. Ndabirorere révèle que d’autres sources de dégradation des sols comme la perte de la couverture végétale ou l’usage des biomasses comme sources d’énergie sont une réalité au Burundi. Le consultant Ndabirorere a indiqué que la partie des dépressions du Moso constitue la zone la moins dégradée. Pourtant, ajoute-t-il, cette partie du pays connaît un déficit hydrique. La pluviométrie y est moins abondante. Cette vulnérabilité climatique entraîne une insécurité alimentaire récurrente qui force parfois les victimes à fuir leur région. Il propose aux différents intervenants dans la fertilité des sols de mener une réflexion approfondie en vue de trouver d’autres sources d’énergie pour atténuer la ressource bois.

Les différents intervenants ont relevé que des efforts sont consentis sur le terrain en l’absence de toute coordination

Pour une gestion intégrée de la fertilité des sols
Les différents intervenants ont relevé que des efforts sont consentis sur le terrain en l’absence de toute coordination. « Certaines ONG, dès qu’elles ont l’autorisation de travailler déploient leurs personnels de façon isolée, sans même aviser les directions provinciales », regrettera Mme Vestine Nyandwi, directrice générale au ministère en charge de l’agriculture. D’après Salvator Kaboneka, chercheur et professeur d’université, une étude s’impose comme point de départ pour établir une cartographie de la fertilité des sols en vue de répertorier tous les acteurs engagés dans ce domaine. Il conseille de procéder à l’identification des zones à risque et d’agir sans tarder. «La nouvelle plateforme sera un organe consultatif ouvert à tout le monde et permettra de capitaliser les acquis », a renchéri Alain- Gilbert Ndakoze, assistant technique à la FAO. Les participants se sont convenus de se retrouver dans un mois en vue d’harmoniser leurs points de vue. Cette rencontre avait été organisée dans le cadre du projet « TUBUNGABUNGE ISI NDIMWA » mis en œuvre par Adisco, Capad et BD avec le financement de l’Union européenne.