Une délégation de haut niveau composée de représentants de l’Union européenne et de la GIZ a effectué, en date du 14 janvier 2026, une visite de terrain à Nyarugunda, commune Ngozi de la province Butanyerera afin d’évaluer les réalisations du Projet d’Appui à l’amélioration du règlement EUDR du secteur café au Burundi (PAMICESCA), un projet clé pour l’avenir de la filière café au Burundi.

Cette visite s’inscrivait dans un contexte particulier marqué par l’entrée en vigueur du règlement de l’Union européenne sur la déforestation au mois de juin de cette année, qui interdit l’accès au marché européen aux produits agricoles (dont le café) issus de champs ayant contribué à la déforestation. Face à ces nouvelles exigences, le PAMICESCA accompagne les producteurs dans l’adoption de mécanismes innovants garantissant une production durable et conforme aux normes internationales.
Au cours de cette visite, les membres de la délégation ont suivi avec intérêt l’état des lieux du processus de géolocalisation des champs de café, une étape stratégique présentée par Fidèle Niyonizigiye, Secrétaire Général adjoint de l’Organisation Appui au Développement Intégral et à la solidarité sur les Collines (Adisco en sigle). Il a révélé que cette activité consiste à localiser avec précision les parcelles caféières afin d’identifier celles qui n’ont pas respecté les règles liées à la protection des forêts. L’objectif est clair : tracer et exclure du circuit d’exportation vers l’Union européenne le café provenant de champs où une déforestation a été constatée, conformément au règlement européen sur la déforestation (EUDR).
Selon ce responsable du projet, le processus de géolocalisation constitue un outil essentiel de traçabilité, de transparence et de responsabilité environnementale, permettant de protéger les forêts tout en sécurisant l’accès du café burundais aux marchés européens. Les champs conformes sont ainsi valorisés, tandis que ceux non conformes sont signalés pour éviter tout risque de rejet du café sur le marché international.

Sa présentation a été suivie par celle des bonnes pratiques agricoles appliquées dans les champs de café, présentée par producteurs agricoles accompagnés par le projet KAHAWA TU. Cette séance pratique a mis en avant des techniques favorisant une production durable, notamment l’entretien adéquat des caféiers, la conservation des sols, l’agroforesterie et le respect de l’environnement, autant d’éléments clés pour améliorer la productivité tout en luttant contre la dégradation des écosystèmes. A travers le champ-école, cette démonstration a été faite dans un champ modèle sis à Nyarugunda et qui compte 700 pieds de café appartenant à Marcel Barengayabo.
Cette visite à Ngozi illustre ainsi la volonté commune des partenaires et des acteurs locaux de faire du café burundais un produit compétitif, traçable et respectueux des forêts, capable de conserver sa place sur le marché européen tout en contribuant à la lutte contre la déforestation.



